Pas toujours à l'aise sur Milan-San Remo les années passées, Bouygues Telecom a manifestement pris la mesure de la Primavera. L'équipe vendéenne avait pourtant tout à craindre de la première grande classique de la saison, enlevée par le Suisse Fabian Cancellara, surtout après les chutes de Rony Martias, Dimitri Champion et Alexandre Pichot dans la descente du Manie, la deuxième difficulté du jour. Mais les Turquoises ont su faire front après ce coup du sort, comme ils l'avaient fait lors du dernier Paris-Nice. Et la sixième place d'Anthony Geslin est venue récompenser les efforts fournis pour toute une équipe qui peut quitter l'Italie avec le sentiment du devoir accompli.
Pourtant, ce n'est pas sans une pointe de déception que le Normand tirait le bilan de sa course. "Je suis content et déçu à la fois. J'avais vraiment de très bonnes jambes et j'étais très bien placé après le Poggio. Mais je me suis retrouvé dans les barrières après un écart de Nocentini, à environ 400 mètres de l'arrivée. Sinon, je suis sûr que je pouvais monter sur le podium", estimait "Ges" à l'arrivée. Très concentré hier, Geslin ne peut rien se reprocher. Il a parfaitement préparé sa course, il est resté placé à l'avant du peloton tout au long des 298 kilomètres, et il a encore prouvé ses qualités de vitesse dans le sprint final. Il ne lui a manqué que ce brin de réussite qui fait la différence.
L'Alençonnais a également pu compter sur le travail remarquable de ses équipiers. Malgré les chutes de trois coureurs de l'équipe vendéenne et un Xavier Florencio diminué par une maladie, Bouygues Telecom a su hisser son niveau à la hauteur de l'événement. "C'est une grande satisfaction. Ils étaient encore six dans le bon wagon au pied de la Cipressa. Pourtant, j'avais un peu peur quand nos trois coureurs sont tombés. C'est une réelle satisfaction. Et je suis fier d'avoir été avec eux aujourd'hui. D'ailleurs, ils étaient tous contents à la fin de la course", confiait Philippe Mauduit. Voilà qui promet à l'approche des classiques d'avril.



